Patrick LAUPIN
Métropole de Lyon
Auteur
- Littérature adulte
- Poésie
- Essai
Biographie
Patrick Laupin, né en 1950, est écrivain. Après une enfance dans une famille de mineurs de fond, il a exercé pendant dix ans le métier d’instituteur, et pendant vingt ans celui de formateur de travailleurs sociaux. Ses professions l'ont amené à creuser sans relâche un espace de transmission de la lecture et de l’écriture, avec des adultes, des enfants et des adolescents en rupture de lien social. En parallèle, il a publié une vingtaine d’ouvrages de poésie, prose, récits, philosophie. Tous ses livres témoignent d’une écriture harmonieuse, véritable instrument de guerre déclarée à toute forme d’exclusion sociale.
Propositions d’intervention de Patrick LAUPIN
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Public(s)
Adultes, Publics empêchés, Enfants 6 à 10 ans, Collégiens, Lycéens, Professionnels, Tout public
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Type d'animation / Proposition
Lecture, Table ronde et débat, Atelier d'écriture, Rencontre scolaire, Suivi d'un projet pédagogique, Conférence, Résidence d'éducation artistique et culturelle
Exemples et modalités
Patrick Laupin propose des interventions variées, dont des ateliers d'écriture, selon des séances de deux ou trois heures.
Ce que Patrick LAUPIN aime partager et transmettre lors de ses activités de médiation
J'aime favoriser l'écriture et l'inspiration.
Découvrir les 19 publications de Patrick LAUPIN
Un travail de lecture productive : la galerie-librairie L'Ollave et le collectif de la revue Actuels. Présence de Pierre Rottenberg
Publié en 2024
Chez L'Ollave
Le bloc de peine : quand j'aurai péri mon démon : poèmes
Publié en 2019
Chez La Rumeur libre éditions
Qui voudrait m'écouter ? : livre de rencontres dans les écritures
Publié en 2017
Chez La Rumeur libre éditions
Le livre de Yanis : livre de rencontres dans les écritures
Publié en 2017
Chez La Rumeur libre éditions
La blanche autarcie des douleurs : journal de bord : l'indicible et l'exdicible
Publié en 2017
Chez La Rumeur libre éditions
L'alphabet des oubliés : livre de rencontre dans les écritures
Publié en 2017
Chez La Rumeur libre éditions
La débâcle des bonnes intentions : poèmes 1992-2014
Publié en 2016
Chez La Rumeur libre éditions
L'esprit du livre : le crime de poésie et la folie utile dans l'oeuvre de Mallarmé
Publié en 2012
Chez La Rumeur libre éditions
Chronique d'une journée moyenne : petit traité des barbaries banales
Publié en 2012
Chez La Rumeur libre éditions
Le courage des oiseaux : étude & poèmes : une expérience d'écriture et de lecture avec des enfants en échec scolaire
Publié en 2010
Chez La Rumeur libre éditions
Les visages et les voix : le chemin de la Grand-Combe
Publié en 2008
Chez La Rumeur libre éditions
L'homme imprononçable. Phrase. Le mystère de la création en chacun
Publié en 2007
Chez La Rumeur libre éditions
Présentation
Approfondir la question de la lecture de la poésie...
Pour relancer cette question, paradoxale à plus d'un titre, la comprendre dans les dimensions restreintes d'un ici et maintenant, Lyon, 1977, nous projetions d'interroger un libraire et son public.
Alors intervint un renversement de perspective ; le projet est mis en péril ; il constate sa précarité, le trompe-l'oeil de son savoir. Il est mis en demeure de s'ouvrir à d'autres dimensions que celles des apprêts du jeu littéraire, d'abandonner les catégories traditionnelles de « poésie », de lecture/écriture et d'inscrire son travail à partir de nouveaux repères, tant par souci d'honnêteté intellectuelle que par volonté d'oeuvrer pour de nouvelles formes de lecture : le collectif de la revue Actuels tient ses réunions à la librairie qui lui tient lieu d'éditeur et de soutien financier. Ce collectif entend participer « avec passion » aux luttes et aux pratiques de l'avant-garde, manifestées ces dernières années par des revues comme Tel Quel, Promesse, TXT, Mantéia... L'enjeu de ces pratiques ne se donne comme rien moins que « littéraire », « artistique ».
Jean-Claude Annezer
1974-2024, la galerie librairie l'Ollave et son département des éditions ont cette année 50 ans. En janvier 2023, durant notre perpétuelle recherche de ce qu'est véritablement un Ollave, un poète érudit Celte, nous avons trouvé ce lien sur internet vers l'étude, « La galerie-librairie « L'Ollave » et le collectif de la revue « Actuels » : un travail de lecture productive. » Son auteur, un étudiant, Jean-Claude Annezer, et son étude dans un mémoire réalisé à L'École Nationale Supérieure de bibliothécaires, et dirigé par Georges Jean, en 1977. Une étude rare : la question de lire. La bataille du livre perdue ? Il ne pouvait nous échapper d'éditer la réflexion d'alors, toujours d'actualité.
« La question de la lecture de la poésie aujourd'hui, y mettre du sien », écrit Jacques Derrida.
Jean de Breyne
Publication
en juillet 2024
Chez L'Ollave
ISBN 979-10-94279-40-3
21 x 16 cm
15EUR
Disponible
Présentation
Mais vivre simplement. Longtemps si seul et par soi-même. Et que ce soit un souffle, un équilibre, une terre libre. Ne pas aller bien loin peut-être. Mais savoir qu'ici même on existe. Et d'aube en soir que les rideaux soient clairs à la fenêtre.
Savoir le chemin qu'on trouve, celui que l'on quitte. Même si souvent chagrin solaire incendié par la cendre. Aimer comme on aime accepter comme on est. Une fleur éclairée par falaise bleue d'un vent. Une eau qui court charmant larme la rivière. Ne pas se désaimer lierre paroi qu'on agrippe. Qu'une mélodie aux lèvres chante la région sienne. Et qu'une chaise éclaire le repos de la chambre. Et ne pas tomber dans ce trou cigale qui déchante. L'éclat fragile météore ou comète signal du passant.
« Je m'intéresse à la lecture et à l'écriture, tout autant qu'au travail avec les autres, depuis le jour où j'ai réellement compris et ressenti que les voix des autres qui parlaient en nous nous donnaient vraiment quelque chose de mobile et recréateur. Toutes mes phrases sont orientées par ces cartes géographiques et ce climat d'un dialogue entre le silence et les voix du monde. En ce sens dans mon écriture je n'ai jamais fait de différence trop grande entre la poésie, la pensée et le récit, et je m'en suis remis à l'intonation de la voix. Car si la voix est une nudité c'est seulement après qu'elle est écoutée et entendue que l'humain arrache une part de son secret aux ténèbres et s'oriente vers l'essence de la sincérité, qu'il arrache le verbe au cœur de l'innommé et en rapatrie l'essence commune et nomade sur la terre des hommes, des rêves et des langues. »
Publication
en juin 2022
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-251-1
20 x 15 cm
19EUR
Disponible
Présentation
Des poèmes en prose qui évoquent les émois du poète, des considérations sur l'écriture ou des réflexions imagées sur le cours du monde. Ils expriment la solitude de l'écrivain, le poids de la mélancolie, l'intelligence des enfants et la vie des mineurs.
Publication
en janvier 2021
Chez LRE
ISBN 978-2-491560-14-0
21 x 15 cm
15EUR
Disponible
Présentation
Il en va parfois comme d'une chute ascensionnelle, du vol d'une feuille ou du rire, de la moue chagrine d'un enfant, de tas de choses en somme, que l'on aimerait pouvoir dire et qui tremblent en bord de voix, et dans les mots, le souffle en soi, de sorte que l'on doit tenter de s'établir au sein de l'instabilité même, du vacillement, du vertige, et chanter, pleurer, crier, gémir, serrer contre sa poitrine le moindre oiseau, la moindre pâquerette, ou sous la pluie longer un fleuve, une rivière afin d'exprimer ce que les morts, nos morts, nous ont confié, qui leur brûlait le coeur. Il y a tout cela dans ton bloc de peine. Et tant d'espaces, tant de durée, d'instants fracturés dans le bleu ou le gris du ciel... Tu dis, dans ces pages, ces poèmes, qu'il n'y a pas cadeau plus beau qu'un livre : celui que tu me fais en me donnant à lire cet ensemble n'a pas de mesure et, je l'écris sans feindre, jamais peut-être tu n'as avec une telle douloureuse candeur, de tels battements d'âme et d'aussi bouleversantes paroles, transmis à qui t'accompagne alors cette pureté, cette inexplicable scansion où s'unissent tous les amours, tous les chagrins, tous les bonheurs, fussent-ils insupportables et tellement absolus qu'on pourrait en crever, là, maintenant. Si la poésie existe, elle est dans tes phrases.
Dans ce bloc, dense, compact, et dans cette légèreté pourtant, ce flux, cette coulée de larmes : je crois n'avoir rien découvert d'aussi beau depuis les élégies de Rilke. Sans doute est-ce parce que cela « tombe » en prenant son essor, en se mêlant aux nuages, aux étoiles, à la volubile floraison du sang.
Publication
en juin 2019
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-177-4
20 x 15 cm
16EUR
Disponible
Présentation
Un recueil de poèmes en prose évoquant le souvenir et les sensations.
Publication
en mai 2018
Chez La Passe du vent
ISBN 978-2-84562-321-7
22 x 14 cm
10EUR
Disponible
Présentation
Le recueil Les Éclipses majestueuses fut réalisé au Centre Léonard de Vinci à Feyzin, dans le Rhône, en 2003. À l'initiative de Malika Matari, animatrice du centre social, vingt-et-un jeunes ont cheminé dans la création. Avec les concours, précieux, pour les mises en espace et en voix, de Dominique Lardenois et d'Élisabeth Macocco. Et la présence d'Olivier Saint-Pierre pour les ateliers de peinture.
Qui voudrait m'écouter ? fut réalisé avec les enfants et les jeunes de Clair Matin, à Vaugneray, dans le Rhône, en 2006. À l'initiative de Guy Vincent, alors directeur adjoint. Lui tenait à coeur de faire rentrer l'acte créateur dans l'institution. « Il y avait chez nous un gisement, les enfants le portaient en eux, nous n'en savions rien » dira-t-il si justement, lorsque tous ces petits chemins se rejoignirent pour donner un livre. Olivier Saint-Pierre anima les ateliers peinture.
Dans ces moments de création, on travaille sur ce qu'on imagine quand on prononce les mots écriture et poésie, les mots rêver, frissonner, présence, absence, colère ou joie. Et je n'ai jamais vu un enfant ne pas être intelligent quand on lui parle de ce qu'il ressent. Des siècles de rêveries surgissent de ces phrases naturelles. En toute écriture, se lève au-delà de l'abîme un humain qui demande à être entendu dans le trésor vrai de ses labyrinthes. Et le seul fait d'écrire ce théâtre intérieur crée la surprise de s'écouter comme pour la première fois à l'endroit où on est vivant. Aussi j'ai fini par me dire que cet acte créateur sauvait le monde et la démocratie parce que tout enfant qui écrit humanise dans la petitesse de son âme le parcours futur de sa vie.
Qui voudrait m'écouter ? Dans la maison d'enfants de Vaugneray, un atelier Écriture et Peinture durant trois mois, de septembre à décembre 2006. Enfants et adultes sont partis sur les chemins de la création, dans un espace et un temps inconnus, entre crainte et désir d'inattendu. Ces rendez-vous hebdomadaires ont été des événements à part dans la vie de Clair Matin, où quelque chose était en train de se créer collectivement avec la singularité de chacun.
« Nous étions en quête de chemins communs, Patrick Laupin et Olivier Saint-Pierre sont venus nous rencontrer. Un a apporté des mots, l'autre des traces. Il y avait chez nous un gisement, les enfants le portaient en eux, à vrai dire nous n'en savions rien. »
(Guy Vincent, directeur adjoint de Clair Matin.)
« Nous sommes heureux d'avoir ainsi pu contribuer à élargir "le cercle des connaisseurs", et nous remercions toutes celles et ceux qui, par leur engagement et leur soutien, ont rendu possibles ces belles aventures humaines et artistiques, qui donnent sens et réalité à la présence des artistes dans la cité. »
(Élisabeth Macocco et Dominique Lardenois, directeurs du Centre Léonard de Vinci.)
Publication
en juillet 2017
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-073-9
20 x 15 cm
19EUR
Disponible
Présentation
Yanis créa toutes ses écritures et ses pastels à l'hôpital de jour Jean Dechaume de septembre 2012 à juin 2013. Il avait alors huit ans. Ses carnets écrits, son livre, méritent l'attention de tous. Il y a une telle beauté, et une force, un héroïsme naturel, dans ses créatures d'art qui surgissent tout droit au contact, qu'elles touchent plein centre le miracle d'invention de l'enfant qui explore le mystère du monde. Ses mots sont des natures vivantes de rêve, de chair et de couleur, qui animent en profondeur les appuis et les pesanteurs de sa vie terrestre. Il a une telle faculté de joie, une aptitude au bonheur, il parle un coeur, le sien. Il va droit au but et s'émerveille avec la volubilité de l'enfant qui parle tout haut et tourne ses mots dans sa bouche pour se rassurer et s'étourdir. Avec la vitesse de pierre lisse des galets d'un torrent.
Je remercie Séverine, la maman de Yanis. Autorisant la publication de ce livre elle témoigne d'un grand geste d'amour et de confiance pour le talent de son petit garçon et pour tous les lecteurs qui viendront. Elle permet que chacun puisse ressentir pour lui-même en laissant venir ces mots, ces phrases, ces noms, ces gestes, toute cette musique et son audition colorée, toute cette tendresse magique de touche du seul et unique acte magnifique de vivre.
Publication
en juillet 2017
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-129-3
19 x 15 cm
19EUR
Disponible
Présentation
Ces gosses, ils posent des choses en vous, ce sont des créatures agiles, volte-face, tournemain, mi6démon, mi-génie, et vous de votre côté, si vous n'avez personne avec qui parler, pour accueillir, contrer, barrer, la poussée fiévreuse et délirante des folies et des morts, des mutismes et des culpabilités, qui poussent comme du chiendent, vous êtes envahi, paralysé comme par le poisson torpille de Socrate qui hypnotise le beau parleur. Vous êtes pris de plein fouet dans la répercussion sentimentale et comme ils le disent si bien, c'est alors la « première page du livre de ton monde envahi par le fou ».
« Je m'intéresse à la lecture et à l'écriture, tout autant qu'au travail avec les autres, depuis le jour où j'ai réellement compris et ressenti que les voix des autres qui parlaient en nous nous donnaient vraiment quelque chose de mobile et recréateur. Toutes mes phrases sont orientées par ces cartes géographiques et ce climat d'un dialogue entre le silence et les voix du monde.
En ce sens dans mon écriture je n'ai jamais fait de différence trop grande entre la poésie, la pensée et le récit, et je m'en suis remis à l'intonation de la voix.
Car si la voix est une nudité c'est seulement après qu'elle est écoutée et entendue que l'humain arrache une part de son secret aux ténèbres et s'oriente vers l'essence de la sincérité, qu'il arrache le verbe au coeur de i 'innommé et en rapatrie
l'essence commune et nomade sur la terre des hommes, des rêves et des langues. »
Publication
en juillet 2017
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-137-8
20 x 15 cm
10EUR
Disponible
Présentation
« L'écriture ça sauve les instants. » Il est extraordinaire de constater comment un enfant se saisit de l'écoute dès qu'il perçoit l'issue possible avec quelqu'un. Il entend sa voix et il cueille l'écoute des émotions qui viennent à sa rencontre. Des mots les plus muets à tous les mots parlants qu'il devine. C'est la porte de passage « du petit mot mystérieux en autre ». C'est le fil sonore d'un geste intérieur qui relie les enchantements du monde et les démons de profondeur. Dans cette écriture chacun retrouve un songe qui n'a pas peur des autres. C'est la magie de la création. C'est le frisson et le commencement. C'est le livre de l'inspiration des enfants dans l'écriture où chacun lit au livre intérieur de lui-même. Loin des doctrines et des théories c'est une égalité spirituelle où chacun est une source. Une poésie des jours et des gens ordinaires. Une écriture qui parle à tout le monde. Une voix sauve qui raconte de la solitude d'un seul à celle de tous. « Ne vous laissez pas voler vos expériences. »
Tu m'as déçue car tu t'es servi de l'image floue que possèdent mes
yeux quand les larmes coulent.
(Classe de sixième.)
Quand la pluie tombe, l'ami pleure, et quand l'ami pleure, c'est lui
qui fait tomber la pluie.
(Classe de CMI-CM2.)
La joie ce n'est pas quelque chose qui arrive c'est la monotonie de la
vie qui s'en va, comme un fleuve coule les navires, comme un arbre
pillé de toutes ses feuilles, alors pour un instant la bonté nous envahit.
(Classe de sixième.)
J'avais un ange gardien mais il est incompétent.
(Classe ITEP.)
J'ai passé la porte des mots et les époques anciennes ne sont plus rien.
(Classe de CMI.)
« Je m'intéresse à la lecture et à l'écriture, tout autant qu'au travail avec les autres, depuis le jour où j'ai réellement compris et ressenti que les voix des autres qui parlaient en nous nous donnaient vraiment quelque chose de mobile et recréateur. Toutes mes phrases sont orientées par ces cartes géographiques et ce climat d'un dialogue entre le silence et les voix du monde. En ce sens dans mon écriture je n'ai jamais fait de différence trop grande entre la poésie, la pensée et le récit, et je m'en suis remis à l'intonation de la voix. Car si la voix est une nudité c'est seulement après qu'elle est écoutée et entendue que l'humain arrache une part de son secret aux ténèbres et s'oriente vers l'essence de la sincérité, qu'il arrache le verbe au coeur de l'innommé et en rapatrie l'essence commune et nomade sur la terre des hommes, des rêves et des langues. »
Publication
en juillet 2017
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-072-2
20 x 15 cm
20EUR
Disponible
Présentation
En écoutant Mauro Macario à Sète, je ne savais rien de son amitié avec Léo Ferré et je me suis dit dès le timbre posé de sa voix dans mon corps : « C'est aussi hardi, audacieux, osé, musical, sensuel, que la voix éternelle des chansons. » C'est une voix qui me dit quelque chose que je rêve depuis toujours d'atteindre. Et sensuellement belle et terriblement corporelle, écrite avec son sang et le lourd tocsin des otages, et la tribu des songes évanouis de vie immédiate.
C'est étrange, juste et vrai, comme quand on aime. Et précis jusqu'au fil bleui des ténèbres dans une langue où quelque chose risque toujours de se perdre. Ces poèmes sont aussi beaux qu'un enfant qui se baigne dans une fontaine publique. Que les chiens assis des façades qui surplombent les villes. Que des promeneurs un dimanche matin avec des parapluies sur un pont. Ils ont le tremblé d'une rose pour honorer les morts.
Patrick Laupin
Publication
en août 2016
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-089-0
20 x 15 cm
22EUR
Disponible
Présentation
J'écoute couler l'Allier Dans l'air s'évadent les murs du savoir ancien Le rosé d'amandier des fleurs péries dans le vent constelle de beauté phrygienne la vallée Maintenant il n'y a plus que moi qui porte le visage fatigué de maman Je suis sans nouvelles de notre vie d'avant Je ne dis rien Je laisse venir et se taire Je m'accroche ignorant au vaisseau C'est mon bien Notre amour a franchi ses rivières
Publication
en septembre 2015
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-114-9
20 x 15 cm
17EUR
Disponible
Présentation
Quand le langage est déserté par le dieu, nous sommes la proie de la morsure forcenée du non-mot, un insensé qui nous dévore le corps depuis l'intérieur de la voix. Il n'existe pas de pire inégalité que celle des êtres devant cette souffrance. Patrick Laupin explore cette présence du non-mot, dans ces Ravins, qui sont ceux de l'expérience de son langage, abîmes où il nous retient, au fond desquels toute la poésie est là, non écrite. L'effroi qui repousse le langage dévale par tous les pores du paysage où l'enfant n'a de refuge que dans l'épicentre clair et apaisant de l'oeil du cyclone, pendant qu'il répand l'intonation de la mort dans le plus infime soupçon d'inspiration. Comment être capable de rester seul avec cette chose et avoir le courage de l'écrire ?
L'enfant débarque dans ce continent immergé du non-mot, où tous les chemins conduisent à l'égarement et où il apprend à lire dans la vaste existence du mot maman. Mais les mots veulent qu'on ne renie pas leur vie secrète, qu'on recrée du rythme. Un mur invisible sépare ce que l'on sent de ce que l'on rêve, l'écriture est la folle espérance de retrouvailles, une personne dans le corps invisible des émotions. De l'amour fou de maman qui constitue l'ombilic du livre, il ne sortira que par un désir insensé de retour et par une ultime rencontre privée d'étreinte qui fait du rêve une réalité, où l'émotion se transmet sans obstacle. Il faut alors le pacte de l'expérience poétique entre la voix de l'enfant et l'écriture pour concilier le rêve et la réalité en vue de l'élan nécessaire, en ignorant à jamais s'il faut devenir le ravin du monde ou descendre accompagné de quelqu'un.
Quiconque écoute tient en vie son prochain. Mais ce gravir est comme précédé d'un ciel de toutes les douleurs à l'envers.
Un Livre a nom sans bruit, il a pitié du très seul, il se tient dans la droiture de son événement, son silence contient autant de vertige qu'un brin d'herbe au matin.
Ravins est à Patrick Laupin ce que les Visages et les Voix (première édition 1991) est aux mineurs des Cévennes, le Courage des oiseaux (première édition 1998) aux enfants en échec scolaire, l'Homme Imprononçable (2007) à ceux-là rencontrés «pourvoyeurs d'abîme» et autres compagnons du silence.
Andrea Iacovella
Publication
en septembre 2013
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-054-8
20 x 15 cm
20EUR
Disponible
Présentation
Patrick Laupin revisite le continent des fragments posthumes que l'on appelle « le Livre de Mallarmé » qui permettent de comprendre ce que Mallarmé voulut signifier par « l'esprit du Livre », disant qu'il était écrit en chacun de nous. Les fragments plongent l'existence dans le corps de l'enfant pris dans un mi-dire originaire de la terreur et de la parole, aux racines de l'angoisse. Cette exposition à découvert du natal permet de saisir ce que Mallarmé appela la Folie Utile, le Crime de Poésie, synthèses établies dans le but de recréer la force originaire des rapports perdus qui dicte l'esprit des livres.
Mallarmé a livré une des plus grandes batailles de l'histoire de l'esprit humain, qui lui fit donner un nom aux voix et aux musiques incorporelles, ce transfert de songe vers la parole il le nomme une écriture et une lecture. Mallarmé a deviné que l'écriture prouvait l'Autre Scène, l'inconscient, et que la folie demandait de l'écrire. Le Crime étant de commettre cet acte. Dans le Livre, le nom cesse d'être purement lexical et devient une toponymie de l'être qui humanise les scissions vécues dans le corps. Ce moment est vécu comme un danger, car les mots cessent d'être le décalque du réel pour accéder à la forme et à la vie du langage lui-même. Le lecteur s'engage à faire quelque chose de sa vie qui la change, pour écrire le paradis de la sensation seule dans le ton ordinaire de la conversation. Le Livre prouve que les choses qui parlent en nous, elles nous quittent pour un intervalle flottant dans les vêtements splendides de l'air des passants.
Après le Stéphane Mallarmé publié chez Seghers en 2004, salué par Bernard Delvaille comme « un travail remarquable, et qui se révèle, d'ores et déjà, indispensable, unique », Alain Borer écrivait : « Seul quelque chose comme ton génie de l'humanité, ton sens de la langue, pouvait trouver cette entrée dans la pyramide, une entrée inconnue, éclairant les profondeurs. Il y a deux entrées chez Mallarmé, Mery et toi. » Patrick Laupin nous restitue, dans l'Esprit du Livre, un Mallarmé ignoré de l'histoire littéraire qui, en reconstruisant la géographie de ses origines et son rêve initial de création, a réconcilié sa vie et son oeuvre.
Andréa Iacovella
Publication
en décembre 2012
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-024-1
20 x 15 cm
24EUR
Disponible
Présentation
Il devint impossible au petit matin de retrouver la saveur preste et aérienne des pavés luisants lavés à grande eau par l'aurore, les lilas mouillés au long des quais, les vols de pigeons urbi et orbi froissés en papier précieux sur le kiosque à journaux de la place vénitienne, le gris marbré du dôme en miroir sous les colonnades torses de leurs ailes. Les boulevards ouverts pour l'éternité. Le prix du café venait de doubler. On ne s'attablait plus aux terrasses pour écouter et regarder dans la halte et le repos du moment. On consommait
Publication
en décembre 2012
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-034-0
20 x 15 cm
18EUR
Disponible
Présentation
Personne, à ma connaissance, n'a parlé du livre de Patrick Laupin, Ces moments qui n'en deviennent qu'un. Je le dis tout de suite : il s'agit de l'un des plus beaux textes parus depuis une dizaine d'années, quelque chose qui se situe du côté de Maurice de Guérin non pas seulement à cause de «la tendre inclinaison des lilas mauves», mais pour la qualité du style, de l'émotion. Je vous en prie : lisez Patrick Laupin, lisez l'extraordinaire poème, qui commence ainsi : «Ce n'est plus comme autrefois cette pesanteur intacte / dans la barre du jour cette lenteur secrète de / l'air dessinant par avance l'horizon des contours» Je vous en prie «allez-y voir vous-même, si vous ne voulez pas me croire», comme dit le comte de Lautréamont.
Bernard Delvaille
Il y a des corps, des présences... Il y a des langues, des traductions, des images, mais il n'y a qu'un seul et même air entre toutes les lèvres. En lisant ce livre de Patrick Laupin, il faut, se dit-on, qu'existe en chacun de nous une matière commune, à la fois parfaitement intime et complètement générale. Quelque chose qui accueille et qui éclaircisse, et qui soit aérien aussi pour mêler à ses mots notre souffle, notre élan. Mais Patrick Laupin sécrète si bien cette matière qu'elle est également l'échappée dans laquelle son perpétuel lever va plus vite en nous que nous. D'ailleurs tout ce qui nous touche vivement n'a-t-il pas la forme peu saisissable d'une précipitation ? Lire est une violence et une douce acceptation ; lire croise la force du non et la force du oui, mouvements contradictoires qui finissent par s'harmoniser pourtant dans l'épaisseur de cette matière dont la lecture de Patrick Laupin impose la nécessaire réalité. Après en avoir perçu les ingrédients dans la tendresse, la beauté, la lumière, qui composent en effet le liant de ce livre, il m'a semblé que tout cela - et la rigueur, le choix, la justesse - n'entrait pareillement en résonance que pour former de l'émotion - une émotion que ce livre fonde comme identique à la poésie, car elle est le signe et l'ouverture comme le sourire est l'envol et l'aile du visage.
Bernard Noël
Publication
en septembre 2012
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-023-4
19 x 14 cm
22EUR
Disponible
Présentation
J'aurais aimé pourtant encore la rue Paul Sysley et la gare de l'Est les voies de triage désaffectées l'entrepôt à ciel ouvert sous les garages d'arbres le lierre sous la varangue, désastre musical l'odeur de mazout et le cri rauque de la micheline à midi dans le tremblé très seul du lilas
mais il est tard tout est détruit les trains ne partent plus
le mal d'un siècle divague comme une éternité jetée à quai dans le soir inépuisable qui ne sait plus où poser ses pas
Publication
en septembre 2012
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-022-7
19 x 14 cm
22EUR
Disponible
Présentation
Cela fait longtemps que je souhaitais lire un tel livre, que je le cherchais sans le trouver et enfin un écrivain se met au travail, sérieusement, pour esquisser ce que je sentais sans pouvoir me le formuler clairement.
Votre livre est rare, parce que vous justifiez l'écriture contemporaine et la présence des auteurs dans le rapport qu'ils peuvent entretenir avec des enfants « primitivement brisés dans leur corps et leur langue, séparés de la communauté ». Vous le justifiez au nom d'une expérience singulière en rupture avec le naturalisme et une conception romantique de la littérature véhiculée par l'institution scolaire.
Patrick Souchon
Je suis plongé dans l'émerveillement, entre les Textes d'enfants et l'Enfant perdu dans la langue qui se correspondent si justement malgré la différence des registres. Le courage est aussi le vôtre. C'est, un beau livre, unique malgré ou grâce à cette multiplicité de structures croisées. Ce que vous faites là est exemplaire.
Jacques Derrida
C'est un livre qu'on n'en finit pas de méditer.
Yves Bonnefoy
Publication
en avril 2010
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-012-8
20 x 14 cm
21.01EUR
Disponible
Présentation
Lorsqu'une voix basse capte votre attention, le tintamarre ordinaire ne pèse subitement plus rien. Les silences eux-mêmes sont écoutés comme ils doivent l'être. On songeait à tout cela, en écoutant, le jeudi 10 octobre sur France Culture, l'émission de Francesca Piolot, La Vie comme elle va. L'invité du jour, le poète Patrick Laupin, y parlait de la mémoire des mineurs de fond des Cévennes. Sans doute a-t-il fallu la patiente alchimie de la poésie pour être capable d'évoquer avec une telle puissance cet ensevelissement d'une classe ouvrière dans l'oubli contemporain - ou le mépris ambiant. On n'était cette fois ni dans la politique, ni dans la colère ou dans le ressentiment, mais dans la mémoire partagée. Il désignait en somme ces blessures intimes - et ces peurs - que le journalisme est impuissant à dire. Cette voix parlant « dans le poste », cet auteur rare confiant simplement ses phrases au micro nous devenaient soudain très proches.
Jean-Claude Guillebaud,
Le Nouvel Observateur du 26 octobre 2002
La prose de Patrick Laupin est ici comme une galerie où se répète, à l'infini et à jamais, l'écho des heurts et des éclats qui jadis résonnaient dans la salle profonde - ainsi, aujourd'hui encore, s'extrait, intuition parfaite, inexplicable liberté, le charbon de la mémoire. Écrire, oui, c'est cela : amonceler la langue sur des berlines, et faire, des hommes aux hommes, passer la réponse muette à une « impossible question ».
Mathieu Bénézet
Publication
en octobre 2008
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-004-3
19 x 14 cm
20EUR
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Présentation
D'où vient que dans ces « chroniques d'une âme », la voix semble s'être retirée et parler de loin, depuis ce lieu où il n'y a plus de préoccupation littéraire, et où celui qui parle, dans la nécessité, ne cherche pas à écrire de la Poésie, mais est devenu Poème, dans le sens le plus fort de ce mot, dans l'à-vif de ce qui ne peut se départager de la pensée, du rythme, du déchirement du jour ? Porté par une grande douceur, celle de la perte et de l'abandon, et avec l'ironie terrible des formules acérées pour épingler les discours figés des fossoyeurs onctueux. Celui qui parle ici le fait dans le mouvement de toutes ces marches, de la nuit et de la ville arpentées, de rencontres fugitives et essentielles, de récits en plan, d'histoires en suspens, de ce qui ne peut se dire que dans une intonation juste, de ce qui s'échange dans le furtif, fugitivement, presque en silence. Avec la grâce de l'instant et le poids des phrases quotidiennes, et de leur beauté irruptive, la présence affirmée de toutes ces figures d'humains, de « pourvoyeurs d'abîme » et autres compagnons du silence, Christs à la dérive, livreurs d'oracles en douce, d'énigmes déchirantes, de phrases de rien qui font entendre toute la grandeur du langage quand il commence à s'adresser vraiment à quelqu'un.
Publication
en août 2007
Chez La Rumeur libre éditions
ISBN 978-2-35577-000-5
19 x 14 cm
18EUR
Disponible
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