Bonjour à toutes et à tous.
Ce numéro du mois d’avril porte sur les projets culturels de territoire, les PCSES et les bibliothèques.
Quelques rappels de base sur le fonctionnement du 11/12 : merci de bien éteindre vos micros. Vous pouvez laisser vos caméras allumées si vous le souhaitez, mais les micros coupés rendent l’échange plus agréable. Pensez également à renommer votre vignette afin que nous puissions vous émarger.
Je remercie Émilie Bolche, ma collègue, qui m’assiste aujourd’hui.
Je rappelle que les sujets du 11/12 sont choisis par vous, grâce à un site qui s’appelle « La Parenthèse », que vous retrouverez dans le chat. Ce site vous permet de voter pour des sujets ou d’en proposer de nouveaux.
Aujourd’hui, je suis très heureuse d’accueillir la communauté d’agglomération Riom Limagne et Volcans, en la personne de Fabienne Doret, cheffe du service culture. Elle a eu la gentillesse d’accepter d’intervenir pour nous présenter le projet culturel de territoire développé depuis 2019.
Ce qui nous semblait intéressant — nous avions déjà échangé en 2025 sur ce travail —, c’est de présenter la démarche du projet de territoire, du projet culturel de territoire, et la façon dont le réseau de lecture publique, qui s’écrit en même temps que le projet culturel de territoire, a pu se développer et décliner les grandes orientations dans le PCSES : le projet scientifique, culturel, éducatif et social.
Nous allons éclaircir tout cela ensemble.
Finalement, Claire Montel, responsable de la lecture publique pour Riom Limagne et Volcans, est absente aujourd’hui. Je remercie donc encore plus vivement Fabienne de mener tout ce 11/12. Nous allons le faire ensemble.
Nous allons commencer par une présentation du territoire et de la prise en charge de la compétence culture.
Vous pouvez poser vos questions dans le chat au fur et à mesure, ou lever la main si vous avez envie d’intervenir. Nous essaierons d’être attentives à vos questions avec ma collègue.
Je laisse maintenant la parole à Fabienne pour la présentation du territoire.
Présentation du territoire de Riom Limagne et Volcans
Bonjour à tous.
Je vous demanderai d’être indulgents sur la partie lecture publique, que je maîtrise, mais pas aussi bien que Claire. Nous avions préparé l’intervention chacune sur une partie, et Claire avait notamment préparé la partie lecture publique. Je vais donc essayer de prendre le sujet à la volée.
Je vais déjà vous présenter le territoire de Riom Limagne et Volcans.
Je partage mon écran, ce sera mieux avec un PowerPoint.
Riom Limagne et Volcans se situe en Auvergne. C’est une communauté d’agglomération née en 2017 de la fusion de trois communautés de communes.
Vous voyez un territoire très allongé. Il était en fait coupé en trois. Nous sommes idéalement situés entre Vichy, au nord, et Clermont-Ferrand, au sud. Nous sommes à environ 16 km de Clermont-Ferrand.
Le territoire est situé entre, à droite, toute la plaine de la Limagne, et, à gauche de la carte, la chaîne des Puys, avec notamment Vulcania.
Au centre, vous voyez très bien la ville de Riom, qui est la ville centrale de la communauté d’agglomération. Il faut savoir que RLV est la deuxième intercommunalité du département.
Pour vous resituer le contexte, au-delà de la géographie, nous avons une population relativement jeune : un tiers de la population a moins de 30 ans.
Nous avons également un patrimoine très riche. Cela joue un rôle déterminant dans la manière dont nous construisons notre politique culturelle.
Nous devons aussi prendre en compte le fait que notre territoire associe à la fois du rural et une centralité urbaine, avec Riom et sa proximité avec Clermont-Ferrand. Cela crée des enjeux autour de la circulation des publics et de l’ancrage de la culture sur le territoire.
La prise de compétence culture
Le rôle de la direction culture a considérablement changé au fil des années.
En 2017, nous avons pris en compétence les musées, avec deux musées et les collections lapidaires de l’abbaye de Mozac. Nous avons aussi l’enseignement musical, un Pays d’art et d’histoire, que nous avons étendu à la suite de la fusion des trois communautés de communes, ainsi qu’un réseau de lecture publique qu’il a fallu construire et coordonner.
Nous n’avons pas le spectacle vivant dans nos compétences.
Au moment de la fusion, il y avait une ambition très claire. Il ne s’agissait pas simplement de gérer des équipements et des services, ni d’additionner des initiatives déjà existantes. L’idée était vraiment de penser une politique culturelle partagée, transversale et structurée à l’échelle du nouveau territoire, donc des 31 communes.
Il y avait un véritable portage politique en ce sens.
Cette prise de compétence a donné naissance à une nouvelle dynamique, à la fois dans la structuration du réseau de lecture publique, dans l’ouverture de la nouvelle médiathèque — initiée lors du mandat précédent —, mais aussi dans la manière de repenser la médiathèque à l’échelle de l’agglomération.
Il y avait également une volonté forte de renforcer le travail en partenariat. Le mot « transversalité » va revenir très souvent.
Le maillage culturel du territoire
Voici la carte du maillage des équipements culturels sur le territoire.
Vous voyez de nombreux petits carrés bleus. Très souvent, lorsqu’il n’y a qu’un seul petit carré sur une commune, il s’agit d’une bibliothèque. C’est dire l’importance du maillage territorial grâce au réseau de lecture publique.
Nous avons réalisé un état des lieux. Nous avons de nombreux acteurs culturels sur notre territoire. C’est une vraie force : un tissu culturel diversifié, une offre riche et pluridisciplinaire, ainsi qu’un tissu associatif très fort.
Ce maillage repose à la fois sur des équipements intercommunaux, communaux, associatifs et privés. Cela contribue à structurer le territoire, même si, comme beaucoup de collectivités, communautés d’agglomération ou communautés de communes, nous sommes confrontés à une certaine centralité, notamment autour de Riom.
Nous avons aussi des équipements scolaires sur lesquels nous pouvons nous appuyer.
J’insiste sur l’importance des bibliothèques. Elles ont notamment permis de renforcer le travail mené autour des Assises de la culture et des actions qui en ont découlé.
Je précise que nous sommes sur un territoire de 31 communes, de 400 km², très allongé. Il faut environ une heure pour le traverser.
Une politique culturelle construite progressivement depuis 2017
Depuis 2017, il s’est passé énormément de choses. Il y a eu un cheminement cohérent.
À partir de la création de l’agglomération Riom Limagne et Volcans, nous avons construit le réseau de lecture publique, avec, entre-temps, l’ouverture de la médiathèque des Jardins de la Culture.
Les Jardins de la Culture constituent un véritable pôle culturel. Il s’agit de la réhabilitation d’un ancien couvent et d’une friche, dans lesquels ont été construits une nouvelle médiathèque et un relais petite enfance. Le couvent a été réhabilité en école d’art et en école de musique. Il y a aussi eu la construction d’un cinéma.
Tout cela a ouvert entre 2018 et 2020.
Nous avons aussi lancé les Assises de la culture, en parallèle de l’élaboration d’un projet de territoire.
Les Assises de la culture ont fourni la matière première pour lancer le premier contrat territorial d’éducation artistique et culturelle, en 2021-2022.
L’élaboration puis la diffusion du projet culturel de territoire ont ensuite alimenté la construction des projets de service, du projet scientifique et culturel des musées, et du PCSES au niveau de la lecture publique.
Tout cela s’est déroulé dans une progression structurée, qui a permis, au fil des années, de renforcer progressivement la transversalité dans le travail de chacun, ainsi que la cohérence de la politique culturelle.
Aujourd’hui, en 2026, nous commençons même à réfléchir, avec les nouveaux élus, à l’élaboration de feuilles de route plus spécifiques, par exemple autour de la culture et des coresponsabilités.
Les Assises de la culture
L’idée est maintenant de vous expliquer la démarche : comment les Assises ont été construites, comment elles ont conduit au projet culturel de territoire, puis au PCSES.
Avant de lancer les Assises, nous avons connu la période Covid, dont nous nous souvenons tous. Pendant cette période, nous avons réalisé un état des lieux et une cartographie de la culture sur notre territoire.
Nous nous sommes dit que nous pouvions profiter de ce moment confiné pour commencer ce travail préparatoire.
Ce travail nous a permis d’identifier les forces de la culture sur le territoire : les acteurs, les manques, les disparités et les points qui pouvaient potentiellement être développés.
Ce diagnostic a vraiment constitué la base des Assises, car il a permis d’alimenter les discussions. Nous ne sommes pas partis de rien. Il a aussi permis de poser un langage commun, afin que nous soyons d’accord sur ce qui existait sur le territoire, et de structurer les échanges.
Cet état des lieux a également servi aux travaux du projet de territoire. En effet, nous n’avions pas seulement réalisé un diagnostic culturel, mais aussi un diagnostic global du territoire : équipements de santé, équipements liés à l’éducation nationale, données INSEE, etc.
Ces données ont donc aussi servi de base au projet de territoire.
Les objectifs des Assises
Les objectifs des Assises étaient très clairs.
Il s’agissait d’abord d’établir un état des lieux plus précis que celui que nous avions pu réaliser de notre côté au moment du confinement : un état des lieux précis et partagé.
Il y avait cette idée de partager la connaissance de la culture sur le territoire : identifier les pratiques culturelles, les besoins, les difficultés des acteurs, des usagers et des habitants, mais aussi leurs envies.
L’objectif était aussi d’avoir une cartographie claire de la culture : les lieux, les compétences, les partenariats existants, la manière dont les liens se tissent entre les uns et les autres, ce qui est fait, ce qui ne l’est pas, et la dynamique locale.
Nous continuons aujourd’hui cette réflexion. Les choses changent. Nous avons lancé tout cela en 2020, 2021 et 2022, et nous devons maintenant revoir cette cartographie et cet état des lieux pour observer comment les choses ont bougé au fil des années.
Cette démarche devait permettre de définir les enjeux et les axes destinés à nourrir le projet culturel de territoire.
Dès le départ, nous avons souhaité coconstruire un plan d’action à court, moyen et long terme. Deux mots étaient essentiels : transversalité et coconstruction.
L’objectif était que le projet culturel de territoire ne soit pas construit de manière descendante, mais qu’il soit réellement issu du terrain.
Il était clair que nous construisions cette démarche des Assises pour aller vers un projet culturel de territoire, et non pour produire un document destiné à rester dans un placard. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.
La méthodologie
Nous avons d’abord lancé deux questionnaires : un questionnaire destiné aux habitants et un autre destiné aux acteurs culturels.
Lorsque nous parlons d’acteurs culturels, nous l’entendons au sens très large : acteurs privés, publics, associatifs, dans tous les domaines, et pas uniquement dans le périmètre de nos compétences.
Je rappelle que nous n’avons pas la compétence spectacle vivant. Pourtant, nous sommes allés chercher très largement les acteurs culturels.
Les questionnaires étaient bien sûr disponibles en ligne. Nous avons mené une campagne de communication. Nous avons également réalisé des versions papier, distribuées dans différents équipements, dans les mairies, mais aussi dans les bibliothèques.
Le réseau de lecture publique a été très important pour la diffusion de ce questionnaire, notamment pour toucher un public que nous n’aurions pas forcément atteint en ligne.
À la médiathèque, par exemple, nous avions installé une table, des tablettes et des personnes pour expliquer la démarche. Il y avait donc aussi une approche de proximité et d’accessibilité dans la collecte des données.
Nous nous sommes également appuyés sur les acteurs culturels et les associations pour relayer le questionnaire.
Le réseau de lecture publique a joué un rôle essentiel pour créer ce lien et nous permettre d’obtenir des réponses riches, provenant d’un public varié et représentatif de la population du territoire.
La chronologie
La démarche a duré neuf mois, avec un rythme très soutenu.
Je précise que la démarche a été portée uniquement en interne par la collectivité. Nous n’avons pas fait appel à un cabinet extérieur.
C’était très dense, mais aussi très riche. Cela nous a permis de travailler ensemble, sans déléguer la démarche. Les différents services de l’agglomération se sont mis autour de la table.
Nous avons aussi fortement impliqué les acteurs du territoire.
Après la diffusion du questionnaire et le lancement officiel des Assises, nous avons organisé des temps de dialogue en continu, avec des ateliers et des rencontres. À chaque fois, nous avons sollicité les artistes, les institutions, les communes, les habitants et les associations.
Ce n’était pas simplement une démarche de l’agglomération : nous avons aussi impliqué les communes. C’était important de construire les ateliers avec elles, mais aussi avec d’autres services.
Par la suite, nous avons remobilisé les élus. Ils avaient été impliqués dans la démarche, mais nous avons mené un travail important avec eux pour échanger sur les retours.
Nous avons enfin organisé une phase de restitution publique. Elle a permis de valoriser l’ensemble des contributions, de montrer le cheminement et de marquer la transition vers la rédaction du projet culturel de territoire.
Il était important de dire clairement aux participants : voici les résultats, et maintenant nous allons rédiger le projet culturel de territoire.
Quelques chiffres
Nous avons recueilli 1 200 réponses au questionnaire destiné aux habitants.
Concernant les acteurs culturels, nous en avons environ 400 sur le territoire. 113 acteurs ont répondu au questionnaire.
Pour les ateliers, 318 personnes ont été mobilisées.
Je rappelle que nous étions en pleine période Covid. C’était compliqué : nous avons commencé avec des ateliers en visioconférence, sans pouvoir regrouper trop de personnes. Nous n’avons pas pu organiser de très grands rassemblements, et les ateliers ont souvent eu lieu en petits groupes.
Mais nous avons senti, dans cette période Covid et tout juste post-Covid, une véritable envie de la part des habitants et des acteurs culturels : envie de partager, de contribuer, de s’exprimer. C’était le bon moment pour échanger et travailler ensemble.
Les ambassadeurs des Assises
Pour mobiliser le maximum de personnes et ne pas travailler seuls au niveau de la direction culture, nous avons sollicité tous les services de l’agglomération : développement durable, communication, attractivité, petite enfance, etc.
Nous avons également mis en place le principe des ambassadeurs des Assises de la culture, avec une grande diversité de profils.
Nous leur avons demandé de se mobiliser fortement pendant quatre mois.
Parmi ces ambassadeurs, il y avait des acteurs culturels du monde associatif, des artistes indépendants — musiciens, sculpteurs —, des organisateurs d’événements, etc.
Leur rôle était d’incarner la démarche des Assises auprès des acteurs du territoire, dont ils font partie et dont ils connaissent très bien le tissu, mais aussi auprès des habitants.
Ils ont relayé les Assises, construit les ateliers avec nous et participé aux échanges.
Il était important pour nous qu’ils puissent contribuer réellement à la démarche, mobiliser les participants et apporter leur regard.
Nous voulions un regard extérieur, mais aussi un regard ancré dans le terrain et dans la réalité des pratiques culturelles.
Cela a donné une coloration plus humaine à notre démarche. Ce n’était pas seulement une démarche émanant d’une collectivité : l’idée était de la porter tous ensemble.
Les ateliers thématiques
Les thématiques des ateliers étaient très interdisciplinaires et transversales.
Elles ont été coconstruites avec les acteurs culturels. À chaque fois, un acteur culturel construisait la thématique avec une personne extérieure au domaine de la culture ou à notre microcosme de collectivité.
Il était important de toucher différents domaines. Les thématiques émanaient aussi des envies de chacun.
Nous avons même réalisé un focus spécifique sur le spectacle vivant, porté plutôt par les collectivités, les communes et les associations.
Chaque atelier avait pour objectif d’explorer une facette du paysage culturel, d’identifier des besoins spécifiques et de réfléchir collectivement à des pistes d’action.
Cela nous a permis d’obtenir une vision plus fine et plus nuancée des enjeux culturels du territoire.
Un atelier a par exemple porté sur la place des équipes de bénévoles dans le réseau de lecture publique en construction.
Pour rappel, nous avions trois anciennes communautés de communes avec trois fonctionnements différents, qu’il a fallu mettre en synergie sur les 31 communes.
Le réseau de bénévoles étant très important, il fallait interroger leur place dans le réseau.
Le déroulé des ateliers
Les ateliers étaient construits selon la même méthode.
D’abord, une première séance en plénière permettait de partager les constats, les problématiques et l’existant sur le sujet.
Ensuite, nous travaillions en petits groupes pour définir les sujets et identifier les axes de travail.
Une troisième séance permettait de choisir une thématique à approfondir, avant une restitution plénière.
Nous avons conservé ce principe dans nos projets actuels. Nous l’avons initié en 2021, et en 2026 nous travaillons encore de cette manière.
C’est devenu une méthode de travail.
Par exemple, dans le cadre du contrat d’éducation artistique et culturelle 2026-2027, nous allons travailler sur la thématique de l’alimentation.
Le sujet a émergé des différents services : petite enfance, santé, cohésion sociale, développement durable, attractivité, agriculture, etc.
Des collègues nous ont dit qu’il y avait aujourd’hui des enjeux autour de l’alimentation, notamment autour du PAT. Nous sommes donc repartis de cette thématique pour constituer des groupes de travail interservices, selon le même principe, afin de faire émerger un plan d’action.
Les besoins exprimés
Les besoins exprimés autour de cette démarche des Assises proviennent des questionnaires, des ateliers et des échanges.
Du côté des usagers et des habitants, plusieurs besoins ressortent :
- une meilleure information ;
- une meilleure diffusion de l’information ;
- une communication plus efficace ;
- une meilleure accessibilité de l’offre, encore très centralisée ;
- un renouvellement des formats ;
- des propositions plus originales, dans des lieux parfois atypiques ;
- une augmentation du nombre d’événements et d’actions ;
- une meilleure adaptation de l’offre culturelle aux rythmes des usagers.
À la suite de ces constats, nous avons d’ailleurs mené une nouvelle grande enquête sur nos équipements. Cela s’est fait il y a deux ans, avec l’appui d’un cabinet, afin d’étudier notamment les rythmes d’ouverture.
Du côté des acteurs culturels, le besoin d’un annuaire des acteurs culturels est apparu, afin qu’ils puissent mieux se connaître.
Les Assises ont permis à des acteurs qui se connaissaient de nom, mais qui n’avaient jamais travaillé ensemble, de tisser des liens.
Des projets et des actions ont émergé à la suite des Assises, parce que les acteurs ont pu se rencontrer.
Un autre besoin important concernait la coordination, l’identification de référents et le renforcement du lien entre les acteurs.
Il y avait aussi un besoin de développer la transversalité entre acteurs culturels et non culturels.
Nous avons réussi à développer et à affirmer cette envie de travailler ensemble en transversalité, ainsi que l’idée que la culture peut irriguer tous les services.
Le projet culturel de territoire
À partir de ces constats, nous avons travaillé à la rédaction du projet culturel de territoire.
Ce projet a été élaboré en parallèle du projet de territoire. Le projet culturel de territoire émane donc à la fois des résultats des Assises de la culture et des grands axes du projet de territoire.
Il a fallu combiner les deux.
Le projet culturel de territoire est un document téléchargeable sur le site de RLV. Les deux documents — projet de territoire et projet culturel de territoire — sont accessibles.
Pour nous, il s’agit d’une véritable feuille de route.
Il n’est pas construit avec des fiches actions détaillées. Il présente plutôt des axes, des enjeux et des types d’actions. On y trouve 35 actions, mais pas sous une forme opérationnelle détaillée.
La lecture publique y apparaît très fortement dans plusieurs actions du projet culturel de territoire. Elle est considérée comme un outil de proximité, un levier d’action et un espace de médiation.
Le projet culturel de territoire repose sur trois grands axes :
- Construire une culture avec et pour les publics.
- Développer la transversalité des acteurs, des actions et des publics.
- Créer une identité de territoire.
Ces axes émanent des envies exprimées par les acteurs et les habitants.
Le réseau de lecture publique
La médiathèque intercommunale des Jardins de la Culture est située à Riom, au centre du territoire. Elle a ouvert en 2019.
Au départ, du côté de Riom Communauté, il existait neuf bibliothèques organisées en réseau, avec un système informatique propre.
Sur la partie Limagne, il y avait un autre réseau, sans bibliothèque tête de réseau, mais avec des points lecture. Le personnel intercommunal animait simplement un réseau de bibliothèques et de bénévoles, sans structuration forte.
Du côté de la chaîne des Puys, il existait quelques bibliothèques, mais sans mise en réseau.
En 2018, lorsque nous avons pris la compétence, il a donc fallu harmoniser l’ensemble : harmonisation informatique, harmonisation des pratiques et structuration du réseau.
Aujourd’hui, nous avons une bibliothèque intercommunale, celle de Riom, et des bibliothèques communales ou associatives. Le réseau porte essentiellement sur les documents.
Petit à petit, il a fallu créer une cohérence à l’échelle du territoire.
Parmi les grandes étapes, il y a eu la mise en réseau informatique des services entre 2020 et 2023, l’ouverture d’une nouvelle médiathèque à Volvic, ainsi que l’intégration d’une bibliothèque associative à Châtel-Guyon dans le réseau.
Le territoire compte aujourd’hui 26 bibliothèques.
La médiathèque intercommunale des Jardins de la Culture
La médiathèque intercommunale des Jardins de la Culture est un nouvel équipement ouvert en 2018-2019.
Elle se veut véritablement un tiers-lieu, avec l’avantage d’être située à côté d’un relais petite enfance. Comme je l’ai expliqué, nous avons aussi, sur le même site, l’école d’art, l’école de musique et un cinéma.
Il existe donc une véritable synergie entre les différents services.
La médiathèque comprend aussi un atelier numérique. Nous y travaillons avec de nombreux acteurs du territoire, notamment autour de la culture scientifique.
Le réseau est entièrement gratuit.
Les équipements sont de tailles très variées : cela va du petit point lecture à la médiathèque de 2 000 m².
La mise en réseau a nécessité un gros travail d’informatisation des collections, afin de proposer une carte unique.
Bibliothèque gratuite, carte unique, catalogue commun accessible en ligne : tout cela répond à l’objectif d’une culture accessible à tous.
Nous avons encore la chance d’avoir un conseiller numérique, ce qui permet de proposer non seulement les ressources numériques via la médiathèque départementale, mais aussi tout un travail autour de la découverte de l’informatique et du numérique sur le territoire.
Il existe également une programmation culturelle riche.
Nous avons veillé à ne pas avoir uniquement une programmation culturelle intercommunale. Les communes, notamment avec leur tissu de bénévoles, peuvent garder leur propre programmation.
L’équipe comprend 21 ETP au niveau de l’agglomération. Les bibliothèques gérées par les communes représentent 6 ETP. Nous avons aussi un réseau très dense de bénévoles.
Sur les 27 bibliothèques, 20 ouvrent grâce aux bénévoles. C’est un élément fondamental à prendre en compte dans le fonctionnement du réseau.
Une compétence particulière
Cette prise de compétence est particulière, car elle repose sur la mutualisation de moyens entre personnel intercommunal, personnel communal et bénévoles.
Il y a donc un travail important de formation mutualisée.
Nous avons également une collection unique, qui circule sur le territoire.
Au niveau de la communication, nous avons mis en place des outils communs pour les 27 bibliothèques, qui irriguent les 31 communes.
Il existe une forte dynamique en matière d’action culturelle. Je félicite l’équipe d’arriver à coordonner tout ce réseau.
Le réseau repose notamment sur :
- un catalogue commun ;
- la localisation des documents ;
- des ressources numériques ;
- l’accès aux documents ;
- l’animation du territoire.
Les bibliothèques restent situées dans des équipements communautaires, communaux ou associatifs, avec du personnel bénévole ou communal.
L’implication du réseau dans les Assises
Le réseau de lecture publique a été fortement impliqué dans les Assises de la culture.
Il a notamment mis en place un atelier sur la culture scientifique et technique.
Pour l’équipe, il était important de sortir de la seule question des bibliothèques, des documents et du livre. Dès le départ, il s’agissait d’expliquer que nous étions aussi dans la construction d’une nouvelle médiathèque, avec cette notion de tiers-lieu, de transversalité et d’ouverture.
Un autre atelier a porté sur les bénévoles et leur implication dans le réseau.
Le réseau de lecture publique a beaucoup travaillé à partir du recueil des besoins exprimés par les habitants et les acteurs culturels.
Il a notamment travaillé sur :
- la décentralisation et l’itinérance de la culture ;
- la rencontre avec les habitants ;
- la meilleure diffusion de l’information ;
- le travail en transversalité ;
- l’implication des habitants dans la programmation.
Au niveau des axes stratégiques du projet de territoire, du projet culturel de territoire et du PCSES, un travail préalable important a été mené avec les élus.
Comme vous le savez, le PCSES comprend une phase diagnostique importante. Il a fallu la partager avec les élus avant d’élaborer les grands axes et la mise en œuvre du plan d’action.
Avec un réseau composé de personnel communal et de bénévoles, l’implication des élus est essentielle.
Il ne faut pas perdre les bénévoles. La fragilité du bénévolat, sa structuration, ses envies : tout cela doit être pris en compte. Il est donc important d’impliquer à la fois les bénévoles et les équipes.
Les axes du PCSES
On retrouve dans le PCSES les grands thèmes déjà évoqués :
- les publics ;
- l’offre ;
- l’accessibilité ;
- le réseau ;
- la transversalité ;
- l’équité territoriale.
Les trois grands axes du PCSES se déclinent en plusieurs objectifs.
L’un des premiers objectifs consiste à travailler sur l’équité et l’accessibilité sur le territoire.
Un autre objectif est de fidéliser, élargir et prioriser les publics.
Ces objectifs font partie des premières actions mises en œuvre.
La navette documentaire
Pour répondre à l’enjeu de maillage du territoire et d’équité, nous avons mis en place une navette documentaire.
Nous avons acquis un véhicule électrique qui circule quotidiennement sur le territoire.
Nous avons une collection unique qui circule. Nous avons donc mis en place un système de réservation et de retour des documents.
Il fallait aussi répondre à la question de l’accès aux nouveautés sur tout le territoire, sans multiplier les commandes à chaque endroit.
Cette navette documentaire a été l’une des premières actions mises en place.
Elle permet également de renforcer le lien entre les équipements.
Le fait d’avoir une personne qui circule sur le territoire permet de tisser du lien avec les bénévoles, avec les élus, et de répondre à des questions pratiques, y compris informatiques.
La navette permet donc non seulement de faire circuler les documents, mais aussi d’accompagner les bénévoles et de participer à l’identité du territoire.
Elle répond aussi à un enjeu écologique : nous avons choisi un véhicule électrique et nous faisons davantage circuler les documents que les personnes.
Les outils de communication
Nous avons également travaillé sur les outils de diffusion de l’information.
Nous avons mis en place un livret d’animation qui regroupe l’offre du territoire en matière de lecture publique, avec un agenda trimestriel.
Nous avons aussi mis en place un catalogue de l’offre pédagogique.
Avant cela, chaque service envoyait séparément son offre aux établissements scolaires : la lecture publique envoyait ses propositions, les musées faisaient de même, le Pays d’art et d’histoire aussi, et les autres services également, comme le développement durable.
Les enseignants recevaient donc plusieurs documents différents, parfois avec la même adresse RLV. Cela pouvait créer de la confusion.
Nous avons donc décidé de produire chaque année un document unique présentant l’offre pédagogique du territoire.
Ce catalogue est organisé autour de thématiques renouvelées chaque année, afin de maintenir l’intérêt des enseignants.
On y retrouve par exemple :
- la citoyenneté ;
- l’environnement ;
- le développement durable ;
- le numérique ;
- le patrimoine.
Nous travaillons sur des thématiques communes afin de favoriser la transversalité de l’offre.
Par exemple, autour de la thématique de l’eau, le service développement durable peut proposer une approche, la lecture publique des ateliers spécifiques, et les musées ou le Pays d’art et d’histoire d’autres contenus.
Cela permet aux enseignants de construire des parcours thématiques sur l’année, en piochant dans différentes offres.
Cette démarche participe à la fois à la transversalité et au maillage du territoire.
La transversalité comme méthode de travail
Nous travaillons beaucoup en transversalité, notamment avec le contrat territorial d’éducation artistique et culturelle.
Cet outil est important pour la mise en œuvre du projet culturel de territoire. À lui seul, il répond à de nombreux points du projet culturel, notamment autour du travail transversal.
Un exemple concret est le projet Néandertal, réalisé avec Astu’Sciences et de nombreux partenaires : lycée professionnel, FabLab, bibliothèques du territoire, etc.
Ce projet a abouti à la création d’une exposition itinérante et modulable, qui a pu circuler sur tout le territoire.
L’idée était de travailler ensemble, de permettre la circulation des projets et de développer de nouveaux partenariats.
Ce qui est intéressant, c’est que nous continuons à réunir les partenaires lors d’ateliers ou de temps de travail. La démarche initiée avec les Assises continue. Elle est devenue notre méthodologie de travail.
Aujourd’hui, des acteurs d’autres services viennent nous voir en disant : « Nous avons ce sujet-là, comment pouvons-nous y répondre ensemble ? »
Le PCSES décline le projet de territoire et le projet culturel de territoire. Nous restons alignés et en phase.
Cet alignement facilite le travail collectif.
Le PSC ou le PCSES ne doit pas être vu uniquement comme un document à produire pour la DRAC ou pour obtenir des subventions. C’est un véritable outil de travail, sur lequel les services peuvent s’appuyer.
Le PCSES a été construit avec les services, les équipes et le réseau des bénévoles. Il a été coconstruit à partir d’un état des lieux partagé, puis décliné en contenu opérationnel.
Conclusion
Nous allons devoir nous arrêter là.
Je vous enverrai le PowerPoint ainsi que les coordonnées de Fabienne et de Claire Montel.
Je termine avec cette image : la carte des habitants, que l’on retrouve sur le site. Elle est très belle. Je mettrai également les liens utiles dans le mail.
Le prochain 11/12 aura lieu le 7 mai et portera sur la question : « Exposer le patrimoine ». Avec ma collègue du patrimoine, nous nous partageons les thématiques autour de la lecture publique, des bibliothèques et du patrimoine.
Je vous mets le lien dans le chat.
Un grand merci à toutes et à tous. Merci Fabienne, et au plaisir.
S’il y a des questions, nous pourrons y répondre.
Il n’y a pas eu beaucoup de questions, je crois que c’était assez clair. On pourrait refaire un 11/12 pour continuer sur ce sujet.
Encore merci. Je reste à votre disposition, et Claire également, si vous avez des questions. Nous serons heureuses de pouvoir partager tout cela.
Merci à toutes et à tous. Bonne journée.