Introduction
0:04
Bonjour. Donc bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce 11/12 qui va être consacré à exposer le patrimoine.
0:13
Moi, je suis Blandine, chargée de mission patrimoine à l’agence Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture depuis janvier dernier.
0:21
Et donc présente avec moi ce matin ma collègue Juliette Boutin, qui s’occupe des bibliothèques, de l’action territoriale et de l’EAC.
0:28
Ce matin, nos quatre intervenantes — mais vous n’en voyez que trois à l’image — parce qu’Anne-Sophie Gagal ne peut pas être présente avec nous.
0:43
Mais elle a préparé son intervention que vous verrez en vidéo. Anne-Sophie Daniel est responsable de l’atelier conservation et restauration du SCD de Montpellier, et elle a travaillé quelques années avec Laori Grar, aujourd’hui à l’atelier de reliure de la bibliothèque de l’Arsenal.
1:09
Nous avons aussi ce matin avec nous mes homologues de l’agence Livre et Lecture Hauts-de-France : Julie Prou, responsable du pôle patrimoine, et Amandine Naselin, chargée de mission patrimoine également.
1:25
Merci beaucoup à elles d’avoir préparé ces interventions sur le sujet “exposer le patrimoine”.
Contexte du webinaire
1:32
On aurait pu aborder ce sujet de bien des manières, mais j’ai choisi de l’illustrer avec un projet que nos collègues des Hauts-de-France vont mener en 2027.
1:42
Il s’agit d’un projet d’exposition régionale qui va s’appeler Enluminer, voyage en terre de manuscrits, auquel 20 structures vont participer.
1:57
Elles vont nous expliquer cela dans un premier temps, puis nos deux collègues spécialistes en conservation-restauration donneront des préconisations pour bien exposer le patrimoine.
Rappels d’usage
2:18
Quelques rappels d’usage.
2:22
Ce webinaire est enregistré et sera mis en ligne sur notre chaîne YouTube rapidement.
2:31
Vous pouvez proposer vos sujets sur la plateforme (lien dans le chat). Tous les sujets sont traités et vous pouvez voter pour vos préférés.
2:46
C’est un rendez-vous mensuel organisé avec ma collègue Juliette Boutin, en alternant un sujet bibliothèque et un sujet patrimoine.
2:53
Le prochain aura lieu en juin sur “bibliothèque, lieu de débat”, le 4 juin.
3:03
Merci de laisser vos micros coupés pendant les interventions et de bien vous renommer (nom et prénom) pour l’hébergement.
3:18
Vous pouvez poser vos questions dans le chat au fur et à mesure. Nous essaierons d’y répondre à la fin des interventions.
3:27
Vous pouvez aussi prendre la parole à la fin en levant la main.
Début de l’intervention – projet “Enluminer”
3:43
Je laisse maintenant la parole à Julie et Amandine.
3:53
Merci de nous avoir invitées. Nous allons vous présenter notre projet pour 2027.
4:02
C’est la première fois que nous en parlons à autant de monde.
4:07
Ce projet d’exposition de manuscrits en Hauts-de-France est né lors de notre commission patrimoine réunissant nos partenaires régionaux.
4:15
L’idée est de présenter les manuscrits médiévaux sur toute l’année 2027.
4:24
Cela s’inscrit dans la dynamique de l’exposition autour des manuscrits Corbie, portée par la bibliothèque d’Amiens Métropole et la BnF, au musée de Picardie.
4:41
L’idée était de profiter de cette grande exposition pour élargir le sujet à toute la région et permettre la participation de toutes les structures.
4:57
Qu’elles soient petites, moyennes ou grandes, disposant d’un ou de plusieurs manuscrits du VIIe siècle à l’imprimerie.
5:19
Il existe de nombreuses structures concernées, avec des collections très variées.
5:26
L’objectif est de créer une dynamique régionale, une “route des manuscrits”.
5:43
Permettre aux publics de découvrir localement des documents rarement exposés.
5:50
Et travailler ensemble entre établissements sur des expositions coordonnées.
6:07
Chaque structure organisera sa propre exposition, avec une coopération régionale sur les outils, la communication et la médiation.
6:29
Tous les contenus seront accessibles via notre portail du patrimoine l’Armarium.
6:38
Ce portail est en refonte et sortira en novembre 2026.
6:53
Il deviendra la vitrine des projets menés en région.
Organisation générale
7:03
Le projet se déroulera de février 2027 à janvier 2028.
7:21
Une vingtaine de structures ont répondu à l’appel à candidatures.
7:38
Nous avons une représentation équilibrée sur tout le territoire.
7:49
L’agence coordonnera la valorisation, la diffusion et la communication.
8:05
Un kit de communication sera proposé à toutes les structures.
Contenu des expositions
8:20
Chaque structure organisera sa propre exposition.
8:32
Avec 1 à 3 manuscrits emblématiques exposés.
8:50
La durée d’exposition pourra varier selon les capacités des structures.
9:09
Certaines feront des expositions courtes, d’autres plus longues.
9:21
Un calendrier global et une programmation commune seront construits.
Communication et outils
10:48
Un kit de communication sera développé : kakémonos, fiches, outils graphiques.
11:13
Trois kakémonos : histoire du projet, collections, manuscrits remarquables.
11:50
Ils seront réutilisables après le projet.
12:12
Un travail de collecte de données est en cours via un Google Drive partagé.
12:38
Des contenus sont organisés pour exposition physique, numérique et communication.
Médiation et contenus complémentaires
13:18
Création de podcasts et capsules sonores.
13:45
Les podcasts présenteront le contexte des manuscrits en Hauts-de-France.
14:10
Possibilité de vidéos et contenus ludiques.
14:38
Un programme de médiation coordonnée est en préparation.
15:05
Ateliers “Fabrique à livre” pour publics éloignés.
15:32
Conférences organisées dans chaque département.
Suite des actions
16:41
Ateliers avec auteurs et autrices en région.
17:06
Rencontres professionnelles et temps de formation.
17:49
Création de produits dérivés : carnets, cartes, affiches, etc.
18:18
Développement d’une identité visuelle commune.
Communication globale
19:19
L’objectif est d’améliorer la diffusion de l’information.
19:40
Utilisation des réseaux sociaux, newsletters et outils partagés.
20:06
Le portail Armarium deviendra un espace central de valorisation.
20:34
Tous les contenus seront téléchargeables et réutilisables.
Conclusion première partie
21:25
Le projet est cofinancé, avec une participation des structures.
21:50
Un kit de communication adaptable sera proposé selon les budgets.
22:12
Je laisse la parole à Amandine pour la partie numérique.
Partie numérique – Amandine
22:36
Nous allons parler de l’exposition numérique.
22:44
Nous avons déjà réalisé plusieurs expositions numériques depuis le Covid.
23:06
Ces expositions sont co-construites avec les structures partenaires.
23:22
Le contenu scientifique est fourni par les partenaires.
23:38
Nous assurons la mise en forme et la coordination.
23:55
L’outil utilisé permet des expositions interactives avec quiz et jeux.
Objectifs numériques
24:18
Cible large : publics des bibliothèques, musées et archives.
24:35
Une version spécifique pour les enseignants est développée.
24:48
Exemple : exposition sur Arthur Rimbaud et les cahiers de Douai.
25:10
Les manuscrits exposés physiquement seront aussi visibles en ligne.
Structure de l’exposition numérique
25:57
Approche graphique avec cartographie et navigation par ville.
26:18
Contenus simplifiés et accessibles avec lexiques et explications.
26:55
Ajout de contenus pédagogiques sur les manuscrits religieux.
27:11
Objectif : rendre l’ensemble ludique et accessible.
27:22
L’exposition peut être consultée seule ou en complément du physique.
Intégration dans Armarium
27:38
Armarium rassemblera exposition physique, numérique et ressources.
28:03
Ajout de podcasts, ressources partenaires et articles.
28:21
L’objectif est de créer une médiation globale.
28:45
Armarium devient un espace d’expérimentation pour le patrimoine.
Questions / fin
29:29
Nous répondons rapidement à quelques questions.
29:32
Partenariat avec le musée de Picardie : intégré au projet global.
30:06
Utilisation de l’outil Génially pour les expositions numériques.
30:29
Temps de production d’une exposition : environ un an.
31:06 – 31:46
Exposition puisque en fait on ne fait pas que ça, on a d’autres missions. Donc c’est environ 1 an, en comptant d’autres tâches que l’on fait en même temps.
Et là aussi on a une vraie question à l’agence, pour être honnête, c’est le bénéfice / risque. C’est-à-dire qu’on essaie d’expérimenter ces expositions et de faire un bilan.
Là, on en a fait assez pour, en fin d’année, faire un bilan avec celle-ci et évaluer si l’intérêt est suffisant pour continuer ou si on fait autrement, afin de voir si le temps est bien utilisé. Voilà pour les ressources.
31:46 – 32:42
Et juste pour compléter, que ce soit pour l’exposition physique ou numérique, ça prend énormément de temps également parce qu’on demande des textes à nos collègues, des images.
Ils nous envoient souvent des textes très précis, un peu compliqués, donc il y a aussi un travail de reformulation et de simplification avec Amandine et notre collègue.
On fait aussi des coupes parce que le format numérique implique que ce ne soit pas trop long. Il faut aller à l’essentiel. C’est un gros travail de relecture et de revalidation avec les partenaires, car on ne peut pas tout modifier sans validation.
32:42 – 33:19
Petite question sur comment rattacher l’exposition faite sur Génially à l’Armarium.
Finalement, ça se fait par un lien. C’est un peu technique mais on peut incrémenter cette exposition dans le site, et elle sera visible directement.
Il me semble qu’on pourra naviguer en petit format sur le site, puis cliquer pour arriver en plein écran sur l’exposition.
33:19 – 33:57
Quelqu’un demande s’il y a un cahier des charges d’exposition numérique.
Non, clairement non, parce que c’est un peu une première. On l’a fait au fil de l’eau, mais c’est intéressant.
On en est à notre quatrième exposition numérique, donc les collègues commencent à comprendre comment on s’organise.
On fait aussi beaucoup de groupes de travail, par thématiques ou actions spécifiques : relecture des textes, médiation, métavers, etc.
34:37 – 35:10
(transition)
Julie et Philippe annoncent la fin de la partie et donnent la parole à Laori Grar et Annesophie Gagnel.
Merci à toutes les deux. La parole est maintenant à Laori et Annesophie qui vont parler de conservation, restauration et préconisations d’exposition.
35:10 – 35:50
Petite correction : Annesophie Gagnel travaille au SCDI (Service de coopération documentaire interuniversitaire) de Montpellier, et Laori Grar travaille à l’atelier de restauration de la Bibliothèque de l’Arsenal (BNF), et non de reliure.
35:50 – 36:13
Bonjour à tous. Je suis désolée de ne pouvoir être présente aujourd’hui. Je vais faire la première partie de cette présentation, puis ma collègue Laori Grar poursuivra et répondra aux questions.
36:13 – 36:57
La présentation d’un objet est un enjeu culturel fort. Parmi les objets patrimoniaux, les documents graphiques et les livres sont parmi les plus complexes, car leur présentation impacte immédiatement et parfois irrémédiablement leur état.
L’impact sur la structure chimique et physique des matériaux n’est pas toujours visible mais doit être pris en compte.
L’objectif n’est pas de s’interdire de montrer, mais de le faire en conscience, en limitant les dégradations.
36:57 – 37:26
La norme NF Z40-010 sur les prescriptions de conservation des documents graphiques et photographiques en exposition permet de structurer l’organisation d’une exposition, de la sélection à la présentation.
37:26 – 38:05
Il est essentiel de déterminer très tôt les documents qui seront exposés, notamment pour les livres, les pages choisies.
Cela conditionne les supports d’exposition et permet un rétroplanning réaliste pour tous les intervenants.
38:05 – 38:22
Les traitements de conservation-restauration peuvent prendre plusieurs mois. Plus les documents sont choisis tôt, plus leur exposition est faisable.
38:22 – 38:47
Sur le plan administratif, il est important de prévoir les dispositifs assurantiels, de collecter les données et de les intégrer au dossier d’œuvre (éclairement, climat, etc.).
38:47 – 39:06
Il faut aussi réaliser des constats d’état avant et après exposition. Ce sont les seuls outils permettant d’évaluer l’impact de l’exposition.
39:06 – 39:52
Trois piliers essentiels :
- sécurité contre le vol et les dégradations
- stabilité climatique
- lutte contre les nuisibles
La durée d’exposition recommandée est de 3 mois maximum pour les objets fragiles.
39:52 – 40:41
Les traitements doivent être réalisés en amont. Certains documents très fragiles peuvent être écartés, avec recours à des fac-similés physiques ou numériques.
Il faut utiliser uniquement des matériaux compatibles et testés, car certains peuvent libérer des composés nocifs.
40:41 – 41:12
Il faut aussi veiller à la compatibilité des œuvres entre elles. Certaines associations peuvent provoquer des dégradations chimiques.
Les conditions idéales sont : 20°C ±1 et 55% d’humidité relative ±5%.
41:12 – 41:50
Les variations climatiques peuvent provoquer déformations, moisissures et autres dégradations.
Les moisissures peuvent apparaître dès 60% d’humidité et attirer des nuisibles.
41:50 – 42:48
La lumière est un facteur critique. Les documents patrimoniaux sont très sensibles aux réactions photochimiques.
Il faut éviter la lumière naturelle et privilégier un éclairage indirect.
Recommandation : 50 lux maximum, avec une exposition cumulée limitée.
42:48 – 43:56
Les œuvres graphiques présentent différents niveaux de fragilité selon leur technique.
Il faut utiliser des supports neutres et éviter les contacts directs avec les vitrines.
Les œuvres pulvérulentes nécessitent des précautions particulières (éviter les charges électrostatiques).
44:04 – 44:17
Transition vers la partie sur les livres.
44:17 – 45:03
Les livres sont des objets complexes composés de cahiers, coutures, supports, et matériaux variés.
Chaque élément influe sur la mécanique et la fragilité de l’objet.
45:03 – 46:07
Les livres comportent des coutures multiples, des supports variés (ficelles, cuir, rubans), et des systèmes de collage du dos (endossure, arrondissure, etc.).
46:07 – 47:12
Les systèmes d’attache des plats peuvent être très différents (passure, emboîtage, collage).
Chaque structure a des implications sur la solidité du livre.
47:12 – 48:14
Trois comportements d’ouverture :
- dos collé
- dos contraint
- dos libre
Chacun implique des risques différents de rupture ou de déformation.
48:14 – 49:25
Les matériaux vieillissent et peuvent être fragilisés par d’anciennes restaurations.
Les tensions varient selon la structure et peuvent provoquer des ruptures.
49:25 – 50:37
Les risques incluent décollements, ruptures de couture et dégradations des couches picturales lors de la courbure des feuillets.
50:37 – 52:32
Les dégradations sont souvent lentes et peu visibles.
Il est indispensable de réaliser des constats d’état.
L’exposition mal maîtrisée peut avoir des conséquences irréversibles et coûteuses.
52:32 – 53:28
Bonnes pratiques : ouverture adaptée, soutien complet du livre, choix des pages exposées.
53:28 – 54:52
Il faut adapter le support au profil du livre et éviter les structures instables.
L’exposition horizontale est à privilégier.
54:52 – 55:53
Il faut prévoir la chasse (espace des feuillets) et adapter les supports selon les types de livres.
55:53 – 57:02
Utilisation de bandes plastiques (polyéthylène/polypropylène) plutôt que polyester rigide.
Attention aux zones de collage.
57:02 – 58:14
Utiliser uniquement des matériaux compatibles et testés selon les normes AFNOR et bases de données internationales.
58:14 – 59:19
Le mobilier doit être adapté : vitrines suffisamment hautes (environ 40 cm).
Les livres doivent être considérés en 3 dimensions.
59:19 – 1:00:28
Attention à l’organisation des vitrines, à la place des cartels et à la surcharge visuelle.
Importance de la préparation en amont (gabarits).
1:00:28 – 1:01:38
Bonnes pratiques : ne pas surcharger, éviter les superpositions, anticiper les dimensions.
1:01:38 – 1:02:21
Bibliographie de référence proposée pour approfondir les pratiques.
1:02:21 – 1:03:29
Remerciements et clôture du webinaire.
Prochaine session le 4 juin, puis pause estivale et reprise à la rentrée.